Les animaux en voie d'extinction: L'Homme Politique Français

Publié le 20 Janvier 2013

Les animaux en voie d'extinction: L'Homme Politique Français

La fonction politique, avec tout ce qu'elle comporte de noblesse et de sens de l'intérêt général, a la facheuse tendance, en ces temps troublés, à s'effacer progressivement face aux intérêts personnels et aux réflexes idéologiques, réflexes qui empêchent une action pragmatique et cohérente de nos élus.

Bien peu nombreux sont les hommes politiques Français qui gardent une certaine hauteur et font honneur à leur fonction.

Pour bien comprendre d'où vient cette lente perte de valeurs de ceux qui nous gouvernent, il faut en comprendre le mode de fonctionnement et aller chercher, derrière leur tics de comportement, les failles qui font que les Français ne leur font plus confiance.

C'est ce que nous allons tenter de faire....

1- La parole politique

Avec l'avènement d'internet et des réseaux sociaux, nous pouvons tous donner notre avis, intervenir, railler, critiquer, mais surtout accuser n'importe qui, bien souvent sans avoir la moindre preuve de ce que nous avançons.

Il est devenu très facile de rapporter (et bien sûr d'exagérer) un fait que nous avons lu quelque-part, bien souvent écrit par quelqu'un qui l'a copier-collé de quelque-part, à propos d'un sujet dont quelqu'un paraissait savoir quelque-chose, rapporté par quelqu'un qui en avait entendu parler.

Si bien que vu le nombre de personnes impliquées dans la chaîne, au final cette info ne peut être que vraie.

Et les premières victimes de ces attaques, qui peuvent rapidement devenir des lynchages médiatico-virtuels, sont les hommes politiques. Hommes politiques qui, la plupart du temps, se plaisent à donner le bâton pour savonner la planche sur laquelle ils sont assis.

Pour leur défense (et défendre un politique demande un gros effort psychologique), ils ne peuvent prononcer une phrase, sans que la syntaxe et le choix des mots ne soient disséqués afin de mieux les critiquer et en apporter la contradiction.

Alors que nous sommes à une époque où tout le monde dit tout et n'importe quoi, les hommes politiques sont eux, obligés de choisir minutieusement les mots qu'ils utilisent, sous peine de voir une horde de journalistes et d'internautes leur tomber dessus comme la misère sur la zone Euro.

En résulte un discours formaté, évitant tout écart pouvant heurter, sans prise de risque ni verbal ni, plus grave, au niveau des idées.

Car la parole politique n'accepte pas le 2eme degré, victime de cela, les hommes politiques ont un répertoire de termes passe-partout, qu'ils ressortent lorsqu'ils se sentent menacés, bien souvent avec le label CCA (Conseillers en Communication Approved), répertoire qui pourrait très bien être édité en tant que «petit manuel du politicien débutant».

Un manuel à réviser par nos jeunes politiques avant leur première interview.

En voici quelques extraits:

L'ancêtre de ces expressions, peu usitée à présent (la ficelle est trop connue), mais à connaître absolument, reste le fameux «c'est une excellente question, je vous remercie de l'avoir posée».

Cette expression est habilement remplacée de nos jours par un plus passe-partout «Laissez-moi finir, je vais y venir« , dont le but est toujours de gagner du temps lorsque l'on ne sait pas trop comment répondre.

«Populisme»: C'est tellement évident que ça ne peut être pensé que par un con. Et le peuple vous savez ce que j'en pense..

«Une crise sans précédent»: Je bénis tous les matins les financiers qui m'ont permis d'avoir une excuse pour le fait que je n'ai rien foutu durant 5 ans.

«Je fais confiance à la justice»: Je suis dans la merde..

«Il ne faut pas les stigmatiser»: Je ne sais pas comment défendre cette bande d'abrutis..

«Nos amis Allemands»: Bien ( c'est le patron qui le fait, donc c'est nécessairement bon )

«Les Grecs»: Pas bien ( c'est tellement nul, que ça a bien du être fait à un moment ou un autre par les Grecs)

«Rendre hommage aux victimes»: Bon, c'est vrai, comme la cavalerie, je suis arrivé trop tard...

«Je voudrais saluer les...................., qui font un travail remarquable»: Je ne vais pas tarder à dire du mal d'eux

«Le doigt sur la couture du pantalon »/« me cacher derrière mon petit doigt»: Vous voyez, j'ai fait l'ENA, personne d'autre n'utilise ces expressions.

Et last but not least:

«Ce qu'il faut, c'est plus d'Europe»: Je ne sais pas ce qu'il faut faire pour nous sortir de la merde, donc je vais refiler le bébé aux technocrates de Bruxelles.

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